Quand osons-nous utiliser l’énergie de la joie que nous avons en chacun de nous ? Hervé Franceschi sait que ce n’est pas réservé aux grands champions : quand il met la joie en œuvre dans les entreprises, les performances augmentent de 50 %. Et les personnes sont moins malades, viennent travailler avec plus de plaisir, ont plus d’idées… La joie n’est pas une émotion passagère. Les émotions, quand elles sont entretenues, se transforment en sentiment. Ces sentiments ne sont pas passager, ils perdurent. À vous de voir quel carburant vous souhaitez proposez à vos employés ou collègues. La joie est un véritable booster de performance, un GPS intérieur qui nous guide vers notre plein potentiel. Voici 6 clés pratiques pour en faire votre alliée au quotidien.

Sommaire
La découverte de la joie comme booster de performance
Clé 1 : Redécouvrez ce qui vous émerveille
Clé 2 : Pratiquez la gratitude active avec les « trois kifs »
Clé 3 : Cultivez vos activités régénératrices (au-delà du simple plaisir)
Clé 4 : S’habiter soi-même et découvrir son espace intérieur
Clé 5 : La joie comme critère de choix dans le business et la vie
Clé 6 : L’exercice du carnet de joie pour se libérer des freins

La découverte de la joie comme booster de performance

Hervé Franceschi raconte cette anecdote du temps où il coachait des basketteurs en NBA. « Un jour je me suis occupé d’un nouveau joueur. On attendait énormément de lui. Mais plus ça allait, moins il performait.

Je le rencontre, je le sens démoralisé, les épaules écrasées par la pression. Il doute. Alors je le fais sauter et je mesure la hauteur de sa détente. Puis je lui demande de me raconter une histoire où il a été bon. Je le refais sauter. Petite augmentation, mais si peu : 10 %.

“Raconte-moi le truc le plus extraordinaire que tu as fait”. Le jeune joueur me raconte qu’à ses débuts, il a joué avec le grand Michael Jordan. Lors du premier match, 3 fois dans le match, il l’a dribblé et a mis un panier derrière ! Il avait mis “minable” le plus grand des grands. Quelle fierté ! Ses yeux pétillaient d’étoiles, son feu s’était rallumé.

Je le refais sauter : + 60 % ! Le joueur avait tellement le feu qu’il ne tenait pas en place. “Eh bien, t’attends quoi ? Va marquer le panier !” Et le joueur part comme un gamin, sa fierté et ses performances retrouvées. »

L’énergie de la joie dans nos entreprises

Depuis des années, Hervé observe que la joie n’est pas qu’une émotion. Elle constitue un véritable catalyseur de performance, une boussole intérieure qui nous oriente vers notre plein potentiel. Mais notre société nous apprend davantage à occuper ou à transformer le monde extérieur qu’à habiter pleinement notre monde intérieur.

Pourtant, ce levier n’est pas réservé aux élites ou aux grands champions : déployé au sein des entreprises, il génère des gains de performance pouvant atteindre 50 %. Et parce que la joie est contagieuse, un leader en joie peut transformer ses équipes par sa seule énergie et augmenter leur engagement, leur créativité et leur cohésion.

Comment faire en pratique pour développer votre joie ? Hervé Franceschi vous donne ici des pistes concrètes pour développer votre joie et transformer durablement vos performances, tant professionnelles que personnelles.

Clé 1 : Redécouvrez ce qui vous émerveille

« Je me rappelle, j’avais la trentaine et j’étais le patron d’une société de télécom. J’avais déjà commencé la médecine chinoise, mais je croyais que le business et la médecine chinoise, c’était deux mondes à part qui ne se parlaient pas. Dans ma vie, j’avais l’impression que ça allait bien, mais au fond, je n’étais pas en joie. Et une des choses fondamentales que j’ai comprises plus tard, c’est que je n’apprenais plus tellement des choses extraordinaires.

Un jour, un copain qui contemple une fleur, une violette, me dit : “Ah, t’as vu comment c’est beau, une violette ?” Je le regarde, un peu distrait. Il me dit : “Regarde bien.” Là, je me mets à genoux sur la terre. On était à deux centimètres du sol. Et je me dis : “Mais ouais, top !” Et là, ça m’a reconnecté au Petit Prince, à tout ce côté émerveillé de la vie. »

L’émerveillement, bien au-delà de la curiosité

« Dans ma vie, sa curiosité était satisfaite parce que je rencontrais de nouvelles personnes, de nouvelles cultures. Je prenais le temps de rentrer dans une mosquée, dans une église, dans un parc, autant d’opportunités pour satisfaire ma curiosité. Mais, se reconnecter à l’émerveillement, c’est autrement plus puissant.

« Quand je me suis mis au coaching, à enseigner la médecine chinoise, à enseigner les énergies, j’étais émerveillé par tout ça. Émerveillé par le potentiel des gens, émerveillé par mon propre potentiel, émerveillé par la connexion qu’on a au monde, par l’aspect spirituel. »

Dans le mot « émerveillement », il y a « éveil ». L’un contient l’autre, car il y a une forme d’éveil à s’émerveiller.

Comment identifier vos sources d’émerveillement au quotidien

Le premier moteur de la joie, c’est l’émerveillement. Posez-vous la question : par quelle piste pouvez-vous vous émerveiller à nouveau ? Qu’est-ce qui vous émerveille ou qu’est-ce qui, jusqu’à présent, a réussi à vous émerveiller ? Les chevaux ? Les animaux ? Les gens ? Lesquels ? La nature ? La peinture ? La musique ?… Et sûrement les enfants ?

Une fois identifiée cette source d’inspiration, vous devez l’insérer dans votre quotidien, pas seulement dans vos vacances. Vous devez pouvoir vous en imprégner chaque jour parce que cette source d’émerveillement est votre pile, votre source d’énergie.

« La conscience de cet émerveillement m’a changé la vie. Pas seulement le fait de m’émerveiller, mais la conscience que je m’émerveille et de ce qui m’émerveille. Je suis un contemplatif au fond. Tout est là déjà. Et souvent nous ne faisons que rajouter du bruit sur de la musique. Des mots sur ce qui est déjà dit. »

Clé 2 : Pratiquez la gratitude active avec les « trois kifs »

Pour pratiquer la gratitude, vous pouvez suivre le classique de Florence Servan-Schreiber, « trois kifs par jour ». « Les kifs, c’est un moyen de se souvenir de la gratitude, de la reconnaissance, et aussi de ce que je valorise. »

C’est aussi une prise de conscience des moments de gratitude. C’est intéressant, car nous n’avons pas tellement l’occasion, dans nos journées, de valoriser et de partager des moments de satisfaction. « Quand je te dis “je kiffe ça”, ce n’est pas clair. Mais si je précise le “ça” par la précision du langage (par exemple, notre échange, le travail avec toi, ton intervention…), cela me permet d’être dans le moment de gratitude, de remerciement et de le partager. »

La gratitude comme prise de conscience de ce qu’on valorise

En plus de remercier la nature, la personne, la vie, ou ce que vous voulez, si vous pouvez conscientiser le fait que vous remerciez, vous valorisez alors qui ou ce que vous remerciez. L’émerveillement d’un côté et la conscience de cet émerveillement, la gratitude et la conscience de ce que je remercie sont des sources de joie

« Ces sources de développement de la joie sont une sorte de puits sans fond, par les différents niveaux de conscience. Jusqu’à cette conscience de participer à quelque chose qui nous dépasse. Et ça, c’est quelque chose de régénérant. »

Transformer un moment de satisfaction en source de joie durable

Un autre bénéfice de ces « trois kiffs », c’est de faire perdurer ce moment de satisfaction. Sur le moment, on s’est senti mieux. Et parce qu’on s’en souvient et qu’on le conscientise, on prolonge ce sentiment de mieux être quelques jours après. Si vous faites l’exercice régulièrement, il vous donne une sorte de maintien général de cet état.

Pour Hervé, c’est une activité régénératrice. « C’est une sorte de soin intérieur à mettre dans vos routines. »

Clé 3 : Cultivez vos activités régénératrices (au-delà du simple plaisir)

Hervé Franceschi a commencé jeune à nager à haut niveau et il continue à jouer au waterpolo. « Pour moi, la natation, c’est une forme de caresse, une forme de massage de l’eau sur mon corps.

Et quand je vais à la mer, avec le côté sel, c’est encore plus fort pour moi. Je sens un nettoyage, un peu alchimique. Je mets la tête dans l’eau, et c’est un peu comme si je disais à tout mon corps : allez, nettoie, vide ce qu’il y a besoin de vider. Je prends du temps pour aller mieux avec moi. C’est une façon de me régénérer. J’en ai d’autres, car tout ce qui me met en joie me régénère. »

Plaisir ou régénération

Souvent on n’est pas conscient de ce qui exactement nous régénère. On est conscient de ce qui nous fait aller bien ou aller un peu mieux. « Par exemple, pour certaines personnes, chanter les fait aller un peu mieux, mais n’est pas une source de régénérescence. Et pour d’autres personnes, chanter est une source de régénérescence. Ça peut être chanter, danser, jouer, écrire, marcher en forêt…

Le plaisir, ça monte et ça descend rapidement. Ça peut être très sympa, mais il en faut toujours plus. Alors que rien que d’envisager d’être sur scène, ce qui me régénère, je suis déjà joyeux. Ou écrire pour une conférence. Ou aider les autres à être sur scène. Ce n’est pas du plaisir, c’est bien plus que ça, c’est de la joie, qui est partagée dès le départ. »

Comment identifier ses vraies activités régénératrices

Comment identifier ce qui est régénérant pour vous ? À vous de le découvrir. « Vous l’identifierez quand vous prendrez conscience qu’il y a un bénéfice quand vous le faites, un bénéfice qui perdure après. Il y a quelque chose comme se sentir mieux, même quelques jours après. Et si vous le faites régulièrement, vous pourrez noter si cela vous permet d’aller mieux et si cela se maintient dans le temps.

Pour moi, c’est ça une activité régénératrice. Et souvent, ça a un lien avec une sorte de soin intérieur. S’occuper de son corps. Le travail à la terre peut être un moyen, parce que c’est très gratifiant de s’occuper de la terre, de plantes, d’arbres. C’est quelque chose qui te dépasse. Tu participes au cycle des saisons. Tu es aussi une source de ces régénérants. »

Clé 4 : S’habiter soi-même et découvrir son espace intérieur

« Il y a quelques années, quand je travaillais le chant avec une accoucheuse de voix, j’ai découvert les mouvements lents. Je connaissais les mouvements lents du genre taï-chi. Mais là c’est beaucoup plus lent. Et je me suis aperçu que j’allais plus loin dans mon stretching quand c’était très lent.

Pour moi, c’était complètement nouveau. J’avais tendance à penser qu’il fallait travailler l’élasticité avec de l’amplitude. Au contraire, l’amplitude était une résultante d’un travail très très lent. Comme si j’amenais mon esprit à aller plus loin : je le prépare à l’étape juste après, un millimètre plus loin. Et ça ne se comptait plus en secondes, mais en minutes. »

L’espace intérieur plus vaste que l’univers

« Ce travail m’a permis de travailler les muscles profonds, d’être encore plus en profondeur en moi, de prendre conscience que j’avais une posture qui n’était pas la bonne. L’accoucheuse de voix appuyait sur moi tout doucement pendant 20 minutes. À un bout d’un moment, tout ton corps se lâche. Et je sentais là cette sensation comme un enfant qui a de la liberté et donc de la joie. La liberté est dans ton corps. S’habiter, pour moi, est un des points fondamentaux pour vivre en joie. »

Mais notre société ne nous l’apprend pas, elle nous apprend seulement à habiter ou à dévaster ce monde. Prenez conscience de ce qui est à l’intérieur. Partez à la découverte de votre intérieur comme un voyage. Et vous comprendrez que l’espace à l’intérieur est plus vaste que l’univers. Il est sans fin.

Moins absent de soi et plus de joie

« Je suis très loin d’avoir découvert tout cet espace intérieur, mais je l’arpente maintenant plus souvent. J’essaie d’être moins absent de moi. Et ça, c’est une source de joie forte. Je suis plus moi-même, moins le moi factice, le moi de société. Comme si cet espace intérieur me permettait de me libérer, de prendre conscience de qui je suis profondément, de me construire. » S’habiter pour être habité par la joie.

Clé 5 : La joie comme critère de choix dans le business et la vie

« J’ai choisi que la joie drive ma vie. Par exemple, j’ai décidé que, s’il y avait trois critères pour faire du business avec quelqu’un ou pour clarifier comment je vais fonctionner, la joie est toujours l’un des trois. S’il n’y a pas de la joie, pourquoi je le ferais ? Si c’est que pour gagner de l’argent, c’est non.

Tout ça, c’est de l’énergie. On peut choisir quelle énergie on a envie de transmettre, quelle énergie on a envie de recevoir. Moi, j’ai décidé que la joie serait au cœur de tout ça. C’est pour ça que l’enseignement qu’on fait aussi avec les chevaux intègre la joie. C’est pour ça qu’être sur scène, c’est de la joie, même quand je ne parle pas de la joie. Transmettre, c’est aussi de la joie. »

Utiliser la joie comme GPS pour ses décisions professionnelles

La joie est le marqueur que vous êtes sur votre chemin de vie. Quand vous avez des choix à prendre, reliez-vous à votre joie intérieure. Car quand vous êtes relié à l’esprit de votre mission, et non pas la lettre, vous reconnaissez immédiatement ce qui vous appartient, ce qui résonne juste, ce qui vous fait avancer avec légèreté plutôt qu’avec effort.

Relié à la joie, vous travaillerez différemment, avec une présence plus forte, une générosité contagieuse et une capacité à traverser les turbulences qui ne manqueront pas d’arriver.

Clé 6 : L’exercice du carnet de joie pour se libérer des freins

« Je me souviens d’une personne qui était un peu en dépression, mais qui ne lâchait pas parce qu’il y avait trop de colère. Je lui ai proposé d’écrire chaque jour, sur un carnet, ce qui l’empêchait d’être en joie. À la fin de la semaine, elle a enfin pu commencer le deuil. Et la semaine d’après, comme par hasard, elle a commencé à me parler de joie. D’abord de la nostalgie, puis de la joie. »

Hervé Franceschi a imaginé les carnets de joie pour prendre conscience de ce qui nous empêche d’être en joie et ce qui nous met en joie. Car ce qui nous en empêche, c’est nos peurs, nos colères ou nos hontes, mais nous n’en avons pas conscience.

Le principe du carnet de joie

En pratique, prenez un carnet. Chaque jour, commencez par écrire toutes vos peurs, parce que tant que vous en avez, vous ne pourrez pas avancer. Le but n’est pas de les relire, c’est juste de s’apercevoir que la grande majorité de nos peurs nous consomment de la vie et de l’énergie.

Puis, petit à petit, de l’autre côté du carnet, commencez à noter les joies. Au début, vous n’en aurez qu’une dans la journée. Et petit à petit, vous en raconterez deux, puis trois, puis cinq… Et vous aurez de moins en moins de peurs à noter : elles laisseront de plus en plus de place pour autre chose, notamment la joie.

Pour certaines personnes, c’est difficile de parler de leurs peurs parce qu’elles sont trop en colère. Commencez alors par écrire vos colères.

Ce qui empêche la joie

« C’est un exercice assez puissant, presque un exercice de base qui demande un travail de fond. Mais si tu le fais un mois, ça change ta vie. Je demandais souvent aux gens de le faire une semaine, et je voyais que ce n’était déjà pas les mêmes au prochain rendez-vous.

Les trois éléments qui t’empêchent de trouver la joie sont toujours les mêmes : la terreur ou la peur, la honte ou l’humiliation, et la colère ou la rage. Si tu aides les gens à s’en libérer, c’est un cadeau. Quand tu lâches tes peurs, quand tu lâches tes colères et quand tu lâches ta honte, le potentiel est énorme. »

Avec ces six clés concrètes, vous pourrez développer durablement votre joie et expérimenter à votre tour que la joie est un réel levier de performance. Votre potentiel devient sans limite !

Vous souhaitez aller plus loin et découvrir comment installer durablement la joie dans votre vie et celle de vos équipes ? Découvrez la conférence d’Hervé Franceschi sur la joie comme booster de performance, et les ateliers pratiques qui l’accompagnent. Ensemble, nous explorerons ces outils concrets pour faire de la joie votre véritable booster de performance.

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